Au suivant!

Tes étagères sont vides, les cartons encombrent le passage, le chat est perplexe, je le sens bien. Encore quelques jours et nous te transmettons au suivant. Je crois que c’est un gars bien. Il fait de la musique. Il a plein de projets pour toi.

En attendant le départ, je respire à plein poumons, fais le plein d’horizon sans immeubles, de chemin sans bitume, de ciel sans goéland. Je m’accorde le temps et le droit d’être nostalgique, encore quelques jours. Tu n’es pas, tu n’as jamais été comme toutes les autres. Tu m’as permis de me poser : j’avais tant à construire ! Un couple, une famille, un dernier enfant. Il fallait bien un nid pour tout ce(ux)là. Un nid que nous avons posé autour de nos vies. Finalement, elles n’ont pas été plus belles ou plus moches, qu’est ce qu’on est cons de croire qu’un lieu adoucira tout. Comme si ça pouvait être tiède, les naissances, les morts, les départs, les cris, les peurs, les infinies tristesses, les petits bonheurs, et ce temps qui coule entre nos doigts.

Et puis, il y a eu les rencontres. Je ne sais pas comment tu fais, mais tu attires les belles personnes, tu nous as entouré d’humains extraordinaires qui peuplent nos jours avec bonheur.

Tu sais, avec toi, j’aurais pu rester encore un peu. Je crois que je ne suis pas tout à fait prête à te quitter. Je sens la déchirure arriver, ça tire, ça brûle, la coupure ne sera pas propre et nette…

Je n’ai jamais été peinée de laisser un endroit, pourtant j’en ai quitté beaucoup. Mais tu es différente, tu le sais. Nous t’avons créée de toutes pièces, façonnée jour après jour, nous t’avons donné un nom. Malgré tout cela… je l’aime plus que toi, et vous n’avez jamais trouvé de terrain d’entente. Si tu veux tout savoir, je crois qu’il n’a jamais pu te pardonner de ne pas être parfaite. Il a essayé, je te promets, il a essayé pendant 8 ans. C’est beaucoup. On ne peut pas vivre dans un lieu sans s’investir. 8 ans qu’il est là sans être avec nous, à souhaiter être ailleurs, je t’assure que c’est difficile pour tout le monde.

La prochaine lui plaît mieux. Pas à moi. Elle n’a pas ton espace, ta lumière, ta chaleur, et puis c’est celle de quelqu’un d’autre. Elle ne sera jamais toi. D’ailleurs, elle n’a pas de nom. Mais c’est pour ça qu’elle lui plaît mieux, parce qu’elle n’est pas toi.

Je ne dis pas, hein, ce n’est pas un laideron ou un taudis, elle fera bien l’affaire quand même.

Et puis, je vais retrouver ma ville, celle aux courants d’air et au pont bleu, celle où tout commence chaque fois, celle qui me rend libre. Toi, tu nous pèses un peu, et la liberté, tu sais bien, y’ un moment où ça démange fort. Je vais redevenir bipède. Je vais voir la mer quand je veux. D’ailleurs, je vais faire plus de ce que je veux et moins de ce que je ne veux pas. Là t’y es pour rien, les changements, une fois enclenchés, ça entraîne le reste de la vie avec, par mécanisme, un peu comme des rouages, ou comme ce truc avec les dominos. Je vais ralentir, aussi. Ou pas. Pas sûre d’en être capable. On s’en fout un peu, non ? Tout ira bien. De toute façon, tout va toujours bien.

Tu sais. Aucun de nous ne va t’oublier : tu nous as tous vu grandir. 67 cm très exactement pour Efflam.

Prends bien soin de toi et de tes futurs occupants.

Bon.

Allez.

C’est l’heure.

Au suivant…

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[Home] Les coulisses d’un reportage

KerBiloute, un jour ordinaire.

Jules _ Hey! en fait le journaliste de France 4 m’a rappelé.
Moi _ Ah, bin c’est fou depuis le temps, je pensais qu’il avait fini son tournage.
Jules _ Non. Il vient ce WE.
Moi _ Ah d’accord.
Alors là j’ai dit « ah d’accord », mais en vrai, je pensais plutôt « aaaaaaaaaaaaaaaah ».
La tévé à KerBiloute, c’est un peu notre arlésienne. On en cause, on en cause, on nous propose des trucs, on hurle, on pouffe en faisant les snobs ou on accepte, et ça tombe à l’eau au dernier moment. C’est pas vraiment réel quoi. Un truc un peu rigolo, un peu foufou, qu’on aime bien imaginer, mais qui ne se concrétise jamais.
Et quand ça devient vrai, et qu’en plus y’a pas vraiment le temps d’y réfléchir et de s’organiser, ça panique un peu (j’aime pas trop bien ça, moi, pas avoir le temps de réfléchir et d’organiser. L’imprévu c’est bien, mais pas là, par exemple.)
J’ai pensé à tous ces petits trucs laissés pour compte depuis l’emménagement, ces absences de finition honteuses, cette to do list qui s’allonge par un bout sans trop rétrécir par l’autre… On est bien d’accord, KerBiloute n’est pas finie, elle n’aurait jamais pu être finie dans la semaine, mais j’avais envie de la rendre la plus présentable possible. Comme ton gosse à un mariage. Mmmmmm. Ou plutôt, comme ton mec à un mariage. (Toutes les moitiés d’adolescents attardés me comprendront.)
Bref. J’ai fait une liste intitulée « à faire pour la venue des journalistes » (mon Dieu, mais je suis complètement…. maman, sors de mon corps!!!). J’ai posé une journée de congés pour réaliser le contenu de la liste. Qui s’est avérée être la veille du D-day.
Là, Jules s’est moqué de moi. Je lui ai demandé si lui n’avait pas envie d’en profiter pour faire deux-trois trucs qu’on laisse traîner depuis l’emménagement. Il a dit : « nan, mais tu sais moi j’m’en fous. »
Rebelle blasé, quoi. (Il aime bien être rebelle, genre hugh jackman dans australia X-men, pas rasé, détaché de la vie, toussa).
Ma journée de congés est arrivée, j’ai peint l’ilôt, j’ai ciré le parquet, j’ai planqué à l’arrache les étagères moches de la cuisine, j’ai nettoyé les bouches de la VMC (c’est pour dire si j’avais envie que ça soit nickel.), j’ai rangé le cellier. J’avais prévu de peindre des sous couches aussi, mais j’avais un peu présumé de ma rapidité d’exécution. En gros, trois mots d’ordre : rangement, nettoyage, planquage. Jules n’a rien fait, selon sa ligne de conduite de « je m’en fous, moi ».
Dans la semaine a été également improvisée une virée chez l’ami suédois pour acheter de quoi couvrir notre canapé, dont les coussins dénudés commençaient à être passablement tâchés par divers fluides corporels des enfants (vous ne voulez pas en savoir plus). On avait pas trop l’inspiration pour acheter plus (pourtant une table basse et moultes coussins auraient été les bienvenus), parce que petit troize avait décidé qu’il avait envie de tester tout ce qui était à portée de main chez le suédois, et du coup il a fallu écourter.
Juste, à un moment j’ai entendu un vague : « hey regarde les coussins là ils sont pas chers!! », dont l’écho s’est aussitôt dissous dans mon hypoglycémie préprandiale.

Heure h-12.
Me voici donc Vendredi soir, épuisée de ma journée de travaux ménagers (qu’est ce qu’on perd l’habitude, vache). Là dessus, Jules-qui-s’en-fout-que-y’a-la-tévé-qui-vient me passe un coup de fil.
« Je retourne chez Ikea, là. Alors, rouges ou noirs les coussins?
Hein? De? Nan, mais moi je meurs de fatigue, j’ai faim, faut rentrer prendre le relais avec mini-relou, et là je vais DORMIR jusqu’à leur arrivée demain matin.
Nan, mais, rouges ou noirs?
Mais quoi???
Les coussins!
Quels coussins?
Bin tu sais on en a parlé hier!!
Bouuuh…  Joker? »
Une à deux heures plus tard, Jules rentre avec la moitié du magasin.
Il a acheté une table basse (little dispute à suivre, à propos de l’unilatéralité de la décision d’achat de la susdite table), il a acheté les coussins, noirs, donc. Pour être honnête, ils sont pas si moches, finalement. Mais je lui dirai pas tout de suite, je suis naze et j’ai faim.
Bon sauf qu’il faut monter la table, avant de manger (re-dispute). Je laisse Jules à ses vis M8, et file me détendre dans un bain. Là, vous me direz, qu’est ce qu’elle vient nous casser les glaouis avec ses détails d’hygiène corporelle. Et là, je vous réponds que le détail a toute son importance, car c’est en vidant ce fameux bain que nous nous apercevons que nos tuyaux d’évacs sont bouchés. Sont ENCORE bouchés, devrais-je dire. Pour la 3è fois cette année. Rappelez vous, le maçon, pour s’excuser de sa boulette, nous avait posé nos évacs, à notre place. Eh bien il semblerait qu’il y ait une malfaçon, une pente mal dosée ou un Y mal placé. Du coup, ça se bouche tous les 4 à 6 mois. Et là, bin c’est aujourd’hui. Donc : plus de douche, plus de chasse d’eau, plus de vaisselle (ou dans l’esprit camping, alors). Plus d’évacs possibles, quoi. Je pressens une mise en place de loi de Murphy.

Heure h-1
Voilà, c’est le matin. Numéro un et numéro deux sont en vacances à l’autre bout de la France, et on a demandé à personne de nous garder numéro trois, qui atteint des sommets de lourdeur en ce moment quand on fait mine de vouloir le laisser.
On a plus ou moins anticipé qu’il risque d’être un peu pénible. Ce qui consiste à la réflexion à être vaguement inquiet, et n’avoir préparé aucune diversion (oui mais moi je faisais des listes, on peut pas tout faire).
Au final, fait remarquable, il se réveille pas à l’heure voulue. On flippe un peu, parce qu’il s’est cogné la tête quelques jours avant, et sur la liste que les urgences nous ont donnée, y’a écrit : signes d’alerte : il dort trop.
On le réveille. Il est super mou, atone. Sur la liste, y’a aussi il est mou (en langage médical). Je commence à flipper. On appelle le 15, ils nous conseillent d’aller voir un toubib.

Heure h

Je prends rendez-vous chez un toubib. Au moment où je raccroche, les journalistes arrivent. C’est pas si mal, ça m’empêchera de psychotter à mort sur les handicaps futurs de mon fils suite à son hémorragie sous-durale. Ce sont trois gars. Sympas. On les accueille, on discute un peu. On leur dit d’utiliser les toilettes sèches, rapport à nos problèmes d’évacs. Bon point pour eux : ils savent ce que sont des toilettes sèches et n’ont même pas peur. A vrai dire, ils ont filmé une chansonnette sur le sujet dans leurs pérégrinations pour ce reportage.
Je pose troize sur Jules le temps de mettre mes chaussures, et pour la blague je lui dis : « si tu vomis, vomis maintenant, sur Papa. » (vous aurez reconnu au passage une citation de Wayne’s world, comme quoi même dans les moments dramatiques, je garde mes références pourries)
Mon enfant d’amour obéit, et vomit sur son père. Ca a pour effet temporaire de couper un peu la discussion.
Je pars chez le toubib.

Heure h+2
Je reviens de chez le toubib (« juste » une gastro, ouf). Ils ont déjà un peu filmé l’extérieur. Les journalistes présentent le déroulement du reste de la journée. Qui va être un peu speed, ils doivent repartir en milieu d’aprèsm, parce qu’on habite au bout du monde et qu’il leur faut une journée à dos de chameau pour rentrer à la Capitale.
J’entends un hurlement.
C’est Jules (dont vous découvrirez donc le VRAI nom lors du visionnage du reportage, ouuuuuh, suspens), qui vient de se faire arracher une dent (on dirait) 3 poils de torse, il fallait déplacer le micro qui était scotché sur sa poitrine. Ils font une première prise de vue -saynette intérieure avec Jules. Vous ne la verrez pas. Ou vous rirez. Mais je pense que vous ne la verrez pas : il parle bras serrés sur le torse, crispé à mort, et tellement naturel qu’il pourrait jouer dans « plus belle la vie ». Je pouffe (oui, vilaine). Et je prends les poils sur le scotch en photo (vilaine bis).
A un moment le cameraman filme de près nos meubles de cuisine, qui partent en sucette à cause du béton cellulaire acheté d’occasion mouillé, et nos étagères cachées à l’arrache avec un tissu ikea et 3 clous.
Je lui ordonne par télépathie de pas filmer mes cache misère.
Déception. Je ne suis apparemment pas télépathe.

Heure h+4
Après un repas express : des crêpes (obligatoire, t’es breton, tu reçois des extérieurs, tu fais des crêpes, c’est la règle, même si c’est pas le plus pratique quand il faut faire un repas express).
Et puis c’est mon tour d’être filmée, pour expliquer comment le blog de KerBiloute est absolument génialissime, exercice de style un peu compliqué pour moi. J’ai lu un ou deux articles, je les ai trouvés très très perfectibles pour être polie et indulgente avec moi même (et pas du tout adaptés à la lecture à voix haute).
Je m’installe sur le canap’ en vue de la prise.
Et là, le chef (en orange ci dessous) dit : « ah là là virez moi tous ces coussins, là, c’est moche ».
Je regarde Jules. Jules me regarde. Je jubile.
Voilà, voilà, ils ont filmé un peu sur le filet (acrobatique, les cameramen sont mes nouveaux héros) et il était déjà largement l’heure de filer. Ils sont repartis dans un tourbillon de fumée, avec l’estomac plein de cidre, et peut être quelques virus de gastro-entérite flottant autour d’eux.
Sauf catastrophe majeure, vous devrez donc apercevoir nos trognes d’ici la fin du mois, sur France 4, dans un docu intitulé « ils ont construit leur maison tous seuls ».
Et rien que pour vous,  voici les coulisses résumée en une seule photo :

Episode 14 – Y va y avoir du câââââble mais moi je reste tranquille

Passé le tumulte de la rentrée, nouvelles institutrices, nouveaux horaires, nouvelles activités diverses et variées (on s’est chargés à bloc, parce que l’année prochaine on aura plus ni sous, ni temps et ça fera chier de faire taxi pour les nains. Et en plus ça fait entraînement physique), nous avons ENFIN trouvé un peu de temps pour bosser sur Ker Biloute.
Si ça continue, nos 3 mois d’attente avant le démarrage du chantier seront trop courts!!

On a été faire un ptit tour à Vezo pour voir nos futures fenêtres, et on a fait baisser notre devis d’un millier d’euros quasiment.. pas mal je trouve, ça valait le déplacement. On en a profité pour regarder parquet et lambris.. bon là on est pas encore bien décidés.. mais je craque vraiment pour la teinte chêne, surtout un peu vieillie.. c’est sobre, ni trop clair, ni trop foncé.. histoire que dans 10-15 ans, notre barraque fasse pas complètement démodée non plus quoi… (genre le liège et le laqué noir aujourd’hui, mmmm vive le revival 80’s..)

J’ai ensuite sagement pris mes stylos, et je m’y suis remise. Vous noterez au passage les nouvelles configurations du rez de chaussée : nous fusionnons la cuisine et la salle à manger. Du coup, hop, on libère l’espace central pour atteindre la grande porte fenêtre, et on profite mieux de notre espace salon.
On ajoute une porte fenêtre cuisine/terrasse, avec la cuisine tout en long, et une grande table qui longe tout ça…
Autre modif’, dans la chambre parents : une enfilade, salle de bain, lit dressing dans la chambre dont je suis plutôt fière.

Alors après 2 heures de travail laborieux, voici.. le plan élec de l’éclairage tadaaaaaam.
Vous voyez rien c’est normal j’ai tout fait au crayon à papier et je l’ai pas encore mis propre avec un stylo de couleur… si c’est vraiment la cata je vais rééditer en version lisible…

enfin si vous voyez assez bien pour me donner votre avis.. éclairé si j’ose dire 😀 humhum (humour quand tu nous tiens), n’hésitez pas!

Et promis je vous mets bientôt la suite… : les prises de courant  (wouuuhouhhh youpi) et les prises téléphones (yeehhaaaaa yeepeeeee) (quoi? on s’enthousiasme comme on peut. Alors, laissez moi m’enthousiasmer. Pour l’électricité, c’est important)

So’

Episode 13 – La relativité du temps, merci Einstein…

Je constate à quel point le temps est une donnée primordiale et à quel point c’est une donnée finalement toute relative…

Parce que oui, je peux empiriquement affirmer  :
– une heure de pince-fesses-conférence-débat avec petits gateaux et café, organisée par une quelconque institution remplie de ronds de cuir qui nous expliquent leur vision du monde depuis leur fauteuil et comment ils justifient leur salaire,
– une heure de courses un Samedi après midi dans une grande surface avec les deux nains déchaînés (voire pire, déchaînées ET affamés)
– une heure dans le métro parisien (beeeerk)
sont par exemple beaucoup, beaucoup plus longues (je dirais facile d’une heure ou deux)

– qu’une heure dans le bain (si, si, c’est possible, une heure dans le bain.. quoi??? ‘m’en fous laissez moi profiter à partir de Janvier y »aura plus de bain pendant un an!!!),
– une heure de vacances,
– une heure de barbecue au soleil entre amis ou
– une heure à se faire masser les pieds…

Un paquet de variantes des  lois de Murphy ( = loi de l’emmerdement maximum) existent en matière de temps. De temps ET de construction immobilière. Je ne parle même pas d’autoconstruction, l’autoconstruction est une déformation temporelle à elle toute seule.

– C’est toujours quand tu as besoin de réflechir posément à quelquechose ou que la décision implique au moins 3 zéros derrière que tu as au grand maximum 24 heures (voire 10 minutes, dans le cas de signatures..) pour te décider.

– Quand tu as tout ton temps, que ton projet peut démarrer, que tout est idéal pour donner le top départ, un imprévu arrive, et décale tout.

– Tu as beau calculer au plus précisément, en intégrant les imprévus, tu vas quand même passer deux fois plus de temps à cause d’un nouvel imprévu auquel tu n’avais pas pensé.
En me relisant, je me dis oui, mais n’est ce pas le propre d’un imprévu que de n’être point prévisible? Et du coup, je me dis aussi, tiens cette phrase est vraiment très con. Néanmoins, comme elle sonne bien, je vous laisse méditer dessus.

– Une semaine de délai sur papier pour une livraison = 15 jours, voire un mois en réel. Mouais c’est fou hein chez les fournisseurs aussi le temps est élastique…

– Quand il s’agit de donner tes sous, pour celui qui les reçoit, il n’est jamais trop tôt, et pour toi il n’est jamais trop tard…

– Ce n’est pas exhaustif, mais on n’est qu’au début des joies du temps élastique, j’aurais sûrement des théorêmes à ajouter au fur et à mesure.. si vous voulez contribuer, ne vous gênez pas. Mais là maintenant, comme vous le constatez, il se passe pas grand chose grand chose hein, les moqueurs (oui, je sais qu’il y en a… vilains!) pourraient même dire que je parle écris pour ne rien dire… bref, on a plus qu’à attendre JANVIER (2009!!! Vous vous rendez compte!!) pour démarrer le chantier. Et le temps va nous paraître une éternité…

So’

Episode 12 – Le syndrôme Koh Lanta

Y’a un truc super quand vous faîtes construire, c’est le démarrage du remboursement du prêt bancaire AU DEBUT DE LA CONSTRUCTION. C’est un système vraiment super intelligent qui fait que au fur et à mesure que vous demandez des sous à la banque pour payer votre terrain, puis les bouts de votre maison : hop le sol, hop le toit, hop l’élec, eh bin y’a pas de raison, vous commencez à payer les intérêts (et pas à rembourser le capital, bizarrement) de ce que la banque a débloqué.
Ce qui fait que parfois vous devez emprunter des sous à la banque ou ailleurs.. bin…pour payer les intérêts des sous que vous empruntez à la banque. Mmmm si je creuse un peu je sens poindre une formule mathématique avec des mots compliqués genre asymptote ou moins l’infini (notre découvert, par ex) ou un truc aussi prise de tête que le paradoxe de l’oeuf et de la poule (qui était là en premier, l’emprunt ou les intérêts?).

Formidable.

C’est vraiment la peine de nous faire subir un interrogatoire digne de la Gestapo sur nos habitudes dépensières et éplucher nos relevés de compte des 10 dernières années (arrrrrr c’est quoi ces moufements de frais irréculiers à Noël 1997, bitte schön? _ aaaaaaah pardon madame on le refera plus jamais) , refuser des prêts à des revenus moyens parce qu’il sont au dessus des fameux 33%, tout ça pour nous coller des intérêts qui se montent jusque 800 euros par mois qu’on devrait être capable de payer en plus de notre loyer… ah mais oui on vous avait pas dit en fait si, si on peut vivre avec 400 euros par mois.
Euh nan mais vous avez pas bien compris, là on peut pas, et on peut pas non plus habiter la maison puisqu’elle est PAS FINIE, voyez?

Bref. Assez rapidement se présentent les options suivantes :
– commission de surendettement ou gagnage au loto ou don de sous de la famille (ou n’importe quel autre généreux donateur), ou tapage dans votre apport perso, si vous en avez un.
– squattage en règle dans la maison de grand-tante/parents avec tout ce que ça augure de tensions et de règlements de compte au cours des repas de famille des 8 prochaines années
– Koh lanta Guipronvel (= camping caravaning, mobil homing, cabaneaufondujardining, chambre d’étudianting .. à 4??? uuuuuh)

On est en plein dans l’étude de toussa.
Les solutions 1 et 2 sont écartées, faute de famille riche ou pourvue de nombreuses résidences secondaires en Bretagne.
Alors on étudie. La caravane, bizarrement, a beaucoup moins de charme quand on imagine y passer l’hiver, avec 2 mômes, que sur la presqu’île de Crozon au mois d’août.
Et puis, ici, les caravanes ça se loue à la semaine le prix d’un T3 au mois… cherchez l’erreur, à choisir je préfère avoir de l’eau chaude pendant 4 mois, si ça vous dérange pas?

On se dirige vraisemblablement soit vers la location d’un gîte meublé, de Février à Juin, ça devrait remplir le vide de la basse saison, soit vers la location d’un mobil’home, moins spartiate que la caravane.

En tout cas, nos comptes bancaires ont décidé que nous déménagions, et leur sentence est irrévocable.

Episode 11- La fée électricité #1… ouh là… Carabosse, alors…

Pendant que notre dossier de permis errait dans la 4è dimension des institutions administratives, sûrement à côté de ma déclaration 2005 qu’ils avaient pareillement faite se volatiliser dans un non-espace (font-ils des tests à notre insu??? ont-ils découvert l’antimatière?? c’est donc ça qu’ils font ces fonctionnaires depuis tout ce temps…et nous, bêtement, qui pensions qu’ils ne faisaient rien!!), bref avec rien d’autre à foutre qu’attendre, nous avions décidé de mettre tout ce temps libre à contribution pour travailler nos plans techniques.

Késako un plan technique? Ahaaaaaaan. T’aimerais bien savoir. Mais en fait, c’est « technique » .Donc c’est réservé aux pros, ceux qui savent, le commun des mortels/les filles/les enfants ne peuvent pas comprendre. Alors c’est plein de sigles compliqués, cabalistiques, de trucs au millimètre près-attention-parce-que-sinon-après-ta-maison-est-toute-loupée.

Bon du coup comme nous non plus, en autoconstructeurs mega débutants niveau 1, on savait pas bien ce qu’était un plan technique (« _ on fait quoi aujourd’hui pour notre maison qu’on a pas encore? _ allez, allez on fait nos plans techniques?? _oh ouais bonne idée supeeer!!! _ on fait comment? _ chsais pas et toi? _ non plus _ bon.) On a décidé de faire notre plan d’installation électrique.

Moi, naïvement, j’imaginais qu’en 15 minutes c’était loché. Qu’avec juste un peu de bon sens, (bin ouais hein, on est pas concons, on va pas aller mettre 3 prises télé dans les WC ni des interrupteurs cachés sous l’évier …) notre schéma allait nous apparaître tout tracé en regardant nos plans, comme le nombre de cure-dents à Rain man, ou le code secret au petit autiste de Code Mercury (En plus, vous revisitez vos classiques américains grâce à ce blog, c’est pas formidable?).

Arf.Terrible.
Déjà, petite subtilité d’entrée de jeu, si vous voulez des interrupteurs (vous savez, le machin normal quoi, qu’on clique en bas, pis en haut, pis ça fait de la lumière) et pas un truc un peu plus compliqué à installer qui marche avec des boutons poussoirs, eh bien pour chaque point lumineux, vous n’avez droit qu’à deux interrupteurs MAXI. L’allumage de la lumière du salon c’est du hall et de l’escalier, OU de la cuisine et de la sortie de la chambre, OU de dehors et de la salle de bains (aucun intérêt je vous l’accorde, sauf pour faire des blagues).. mais pas tous en même temps!!!

Et là, c’est le drame. Choix cornéliens, et horrible révélation… Jules et moi n’avons pas du tout, du tout les mêmes priorités. Pour moi c’est important, si je me lève la nuit pour aller grignoter vérifier si le gaz est bien éteint (siii, ça peut arriver), de pas tâtonner 1000 ans à la recherche de l’interrupteur, au risque de marcher sur des trucs mous non identifiés, prémachés ou non, qui se met à klaxonner/pouéter/jouer au bontempi le générique de Oui-oui ou Dora et qui n’ont rien à faire dans ce salon mais y sont quand même jeux des enfants. Bin pas pour Jules. Salop. Je me promets intérieurement de le réveiller bruyamment, la prochaine fois où je me lève.

Prises de tête. Réflexions. Effaçage à la gomme quand l’autre va faire pipi. (« Alors, on en était où? _on venait de décider que cette prise était mieux là._ ah bon? bon, ok »). Jetage de crayons gris par terre de désespoir ou d’énervement. Un paquet de café.
J’ai cru faire un revival des plans de table de mon mariage.

Bon, on arrive finalement à un truc correct. Avec les jolis traits de crayon bleus et les signes cabalistiques qui vont bien. Et ça nous a juste pris 4 à 5 heures par étage. J’l’avais dit, ça va aller vite.

So’

Episode 10 – Permis de construire mon amour # 2

Lundi 11 août. Accord tacite DDE j-15.

Nan, nan, on s’impatiente pas, pourquoi?

Le SPANC a rendu son avis (favorable, yessss..). et euh hum sa facture depuis déjà un mois…
Reste ce scrogneugneu de sésame de la Mairie, qui attend elle même l’avis de la DDE…
Quand on avait visité la DDE, en préventif, en Juin, ils nous avaient annoncé environ 3 semaines de délai, là on en est à 7…

Mon esprit laissé à lui même commence à sombrer dans la paranoïa : j’ai lu sur le forum Z que quand ils font un refus, ils attendent le dernier moment pour gagner du temps… Et si la mairesse détestait les toitures plates??? Et si nos noms de famille leur revenaient pas??

Vous me direz, « ma pauvre fille (dites donc vous êtes un peu familier!), plutôt que te torturer, décroche ton téléphone et demande où ça en est!  »
Oui, oui, je sais, c’est le plus simple. Sauf que.
Sur le forum X, j’ai lu que si t’appelles pour faire ton pressé, ils remettent ton dossier en bas de la pile. Sur le forum Y, que ce sont de gros dragons méchants qui te répondent (ils savent bien faire ça dans les administrations, mettre un gros dragon malaimable pour répondre aux demandes des casse pieds…).

Bon, coupons la poire en deux, envoyons un email?
 » Très chère madame la mairesse que je vénère, excusez nous de vous demander pardon, auriez vous l’obligeance s’il vous plait on vous en supplie de bien vouloir nous informer de l’état d’avancement de où ça en est rapport à notre permis de construire. Merci beaucoup, beaucoup Madame, on vous aime, et on votera pour vous aux prochaines municipales. »

Réponse illico de la mairie (+48h, une mairie de commune de 700 habitants, c’est ouvert 2 matinées par semaine, en août…) : « La deadline est en effet Mardi 26/08, je les relance semaine prochaine. »

Appel Mercredi 20 de la mairie : « Euh. Hum, euh, comment dire, j’ai un souci avec votre permis de construire. »
(Aaaaaah, je le savais, on s’est gouré dans la hauteur de toiture, la mairesse nous hait, le bardage bois est interdit dans le Finistère, ils le donnent pas quand le nom de famille commence par V, je le savaaaaaaaaais)
« C’est à dire, la DDE a aucune trace de votre dossier. »
(Je le saaaaav….Hein?Ah? Bon.)
« En fait c’est bien parti de chez nous, mais eux, soit l’ont jamais reçus soit… (silence chargé : sous entendu, « ils l’ont perdu ces gros nazes « …mais entre fonctionnaires, ‘sont respectueux, ils s’enfoncent pas)
_ Hum. Ah. Euh.. du coup, on fait comment?
_ Bin, euh, en plus on a oublié de photocopier l’imprimé.(Uhuhuhuh, ils cumulent, je glousse intérieurement) vous pourriez nous ramener le dossier avec l’imprimé ?
(purée là je me dis heureusement qu’on l’a fait nous même, qu’on sait ce qu’on a mis et qu’on a tous les fichiers, ce genre de galère avec un constructeur ou un archi, on se prenait 15 jours dans la vue…)
Moi, vachement plus sûre de moi maintenant que je sais que c’est eux qui ont chié dans la colle, vaguement condescendante, même : Bien sûr, Médème, on vous ramène ça en urgence demain ou après demain.
_ Okay, et moi je leur remets en main propre dès Vendredi.
_ Okay, merci. »

Hum. Si je compte bien, la DDE va recevoir notre dossier Vendredi 22 août, et nous on doit avoir notre notificatioon d’avis Mardi 26. ‘Vont devoir s’enlever les doigts du c.. sur ce coup là…

Uhuhuhuhuhuh. Honnêtement, je me marre (je peux pas m’empêcher de me dire qu’ils vont devoir faire camembert et qu’ils nous feront pas chier, du coup). Jules fait nettement plus la tronche. N’empêche, ce matin, il a appelé la DDE, et ils étaient dessus et ils rendent leur avis à la mairie ce soir ou demain et, officieusement, y’a aucune raison que ça passe pas.

Yeeehooo, on est les plus forts du monde. Non seulement on a fait notre demande de permis tousseuls sans en avoir jamais fait, et en 15 jours, mais en plus, on a fait BOSSER  la DDE!!! Et bosser VITE!!

So’